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ICO : Un jeu entre le pile-ou-face et la roulette russe ?

Près de 50 % des ICO se terminent mal. Avec au bout du compte, des pertes pour les investisseurs. Et peu ou pas du tout d’explications. Une étude réalisée par le site bitcoin.com en 2017 et qui porte sur 920 de ces ICO nous montre que plus de la moitié d’entre elles sont de très mauvais élèves, pour ne pas dire des cancres.

Les ICO (pour Initial Coin Offering), rappelons-le, sont des offres émises par des sociétés dans les cryptomonnaies. Lorsqu’un nouveau projet lié à la technologie blockchain est lancé par une société, cette dernière peut démarrer une ICO et donc proposer aux propriétaires de bitcoin d’investir dans leurs affaires, le plus souvent en échange de tokens, lesquels leur permettront d’accéder à un produit futur.

Lancer une ICO, c’est très simple : on ouvre un site, on rédige un communiqué de presse, on explique vaguement le projet et la communauté des utilisateurs de cryptomonnaies se charge du reste, s’échange les bons plans, démêle le vrai du faux.

Sauf que dans les faits, plus de la moitié de ces ICO se terminent mal. Sur les 920 ICO testées pour l’étude bitcoin.com :

  • 113 se sont terminées avec la disparition de leurs reponsables. La caisse ? On vous laisse deviner ;
  • 142 n’ont pas réussi leur opération ;
  • 276 ont touché l’argent et ont… « échoué » dans leur projet.

La société Prodeum a levé 11 millions de dollars via une ICO, une somme importante fournie par le public dans le but de développer un projet en lien avec l’agriculture. Prodeum affirmait avoir eu des discussions avec la fédération internationale des normes de produits, le tout dans un pays dans lequel la mentalité « start-up » est bien ancrée. De quoi rassurer les investisseurs. Quelle surprise pour eux de constater que les responsables de Prodeum avaient disparu du jour au lendemain, en ne laissant sur leur site web qu’un message sans ambiguité : « penis ».

On pourrait être tenté de croire que ce problème de fraude à l’ICO diminue dans le temps. Or c’est tout l’inverse qui se produit. Depuis la parution de cette étude en 2017, le nombre d’escroqueries a tout bonnement doublé.